Article paru dans Jazz Rhône Alpes n°413 du lundi 25 février 2013

« Rue des Deux Amis » en première partie des Doigts de l’Homme (Jazzeries d’Hiver au Fil)

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Rue des Deux Amis était chargé d’ouvrir la soirée finale des Jazzeries d’Hiver. C’est devant un public de près de quatre cents personnes que le groupe lançait la soirée.

Ce collectif, que nous avions chroniqué en juin dernier, avec Vincent Périer à la clarinette, retrouvait ce soir Rémi Jacquet aux saxophones ténor et soprano. Ce retour rapprochait également le groupe des fondamentaux du projet. A savoir, se mettre dans l’état d’esprit de Django Reinhardt à New York, cherchant désespérément à rencontrer Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk qui étaient en train d’inventer le bop. Il ne s’agit pas d’une démarche historique mais d’une démarche artistique.

Il s’agit pour les musiciens de mettre en son leur rêve d’un Django qui aurait, au lieu de rentrer en France, traîné plus que de raison dans les bars de New York et du côté de Kansas City. L’association des deux guitaristes Bruno Decerle, guitare solo et David Caillet, guitare rythmique, avec deux musiciens venus du jazz contemporain, Rémi Jacquet et Jérémy Magand, contrebasse, est lumineuse et le résultat des plus probants. Que ce soit avec Passion de Tony Murena, Route des Acacias, Do You Know What It Means ou I Got Rythm, ça fonctionne admirablement, on traîne avec les musiciens dans les boîtes à jazz. Tout y est, la raucité grave du ténor, les accents béchettiens du soprano, l’expressivité très moderne de la contrebasse, la dimension aérienne de la guitare solo qu’épaule avec abnégation la guitare rythmique, tout concourt à faire de ce projet une réussite. Sur les deux derniers morceaux de ce set un peu court, première partie oblige, le public, qui ne s’y est pas trompé, s’est embrasé spontanément.

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